Et vous, B.B, vous avez été la Française mondiale. Vous avez été la star parmi les stars. Au nom de ce que vous avez été – entre autres la liberté incarnée – je souffrirai de vos agressions sans vous agresser. Mais permettez-moi d’exprimer ici en quoi ce que votre campagne affirme est liberticide.
Vous voyez le monde en noir et blanc. Je crois qu’il est plutôt multicolore, que la panoplie chromatique de la vie est bien plus vaste que cette vision simpliste du bien et du mal qui caractérise votre campagne.
J’ai pleuré lorsque j’ai mis mon cheval à la retraite. Cela ne m’empêche pas simultanément de chasser sangliers, cerfs et chevreuils. Cela ne m’empêche pas de manière concomitante d’être opposé à la peine de mort.
Voyez-vous, chère B.B, l’homme vit de la dialectique de ses contradictions. À chacun son histoire, à chacun son parcours. De cela est issue la complexité de nos âmes. Vous avez votre sensibilité aux choses, j’ai la mienne. Acceptez la liberté que nous devons nous accorder.
Parce qu’au fond, la question n’est pas de savoir s’il faut ou non aimer la chasse. Je suis pro-chasse mais je ne l’impose à personne. Vous n’êtes pas obligée comme l’homme le fait depuis les grottes de Lascaux, de chasser. Vous n’êtes pas obligée d’aimer “le son du cor le soir au fond des bois” comme le chantait Charles Trenet… Vous n’êtes pas obligée d’aimer la multitude des plats cuisinés que l’homme a imaginée pour agrémenter le gibier. Vous n’avez à en aimer ni les odeurs, ni l’aspect, ni le goût. Je prône la liberté. Je n’impose rien. Je défends le droit d’exercer librement un acte cynégétique inscrit au fond de notre nature depuis la nuit des temps et qui est une liberté parmi les premières accordées par la Révolution de 1789 au peuple.
Au nom de ce que vous avez été, cessez vos violences antihumanistes, acceptez que ma liberté demeure.
Alexandre Col